Sculpture en argile, mycélium, 2026.
Et si le handicap ou la maladie n’étaient pas un manque, mais une extension de soi et de sa personnalité ? Une façon singulière d’être au monde, une sensibilité qui déborde la norme sans jamais s’y réduire.
Portraits augmentés part de ce renversement de regard. Avec des participants en situation de handicap et de maladie, Camille Bleu-Valentin propose un atelier de sculpture : chacun modèle dans l’argile un buste, un portrait libre, qui ne cherche pas la ressemblance mais l’expression. Une fois façonnés, ces bustes sont ensemencés de mycélium.
Les sculptures sont ensuite déposées dans les souterrains de Cambrai, où l’humidité et l’obscurité permettent aux champignons de s’y développer. Ce réseau souterrain médiéval devient alors une métaphore, celle de tout ce qui se construit en profondeur, à l’insu du regard, comme l’inconscient, comme ce qui pousse en nous sans que nous le décidions, finissant par déborder : en émotions.
Après une période d’incubation, les bustes sont révélés transformés, prolongés par cette force vivante qui les a traversés. Le portrait n’est plus figé : il est augmenté par ce qui a grandi en lui.
Ce projet a été mené en partenariat avec LADAPT Hauts-de-France, dans le cadre de la résidence-mission CLEA de Camille Bleu-Valentin sur le territoire de Cambrai.